The other L word

2009
14
Feb
Seven for love

Seven for love

J'en ai relativement peu parlé ici par le passé, mais ceux qui me connaissent le savent, j'éprouve un intérêt certain pour tout ce qui concerne le développement personnel, la manipulationa, etc. En bref, tout ce qui approche de près ou de loin la psychologie appliquée est susceptible de me botter.

J'ai donc tout naturellement suivi, de loin, l'évolution de ces communautés qui compilent et étudient des techniques de séduction — sic. Si je ne porte aucun jugement sur le concept d'utiliser des astuces et techniques issues entre autres de la PNL en tant qu'outils de séductionb, j'ai en revanche beaucoup de mal avec ceux qui côtoient ces communautés dans l'unique but de baiser plus facilement. Soyons sérieux deux minutes : il faut être complètement crétin pour croire qu'il existe des formules magiques pour mettre une nana dans son lit. Et je ne parlerais même pas du lexique qui est développé et couramment utilisé par les adeptes. Le principal — voire même le seul — intérêt, à mes yeux, de ces sites, est de mettre en relation des individus étudiant de manière pratique les interactions sociales. Malheureusement, celles qui sont passées au peigne fin sont en général les plus frivoles.

J'en viens à présent au cœur de mon propos, celui ci m'a été inspiré l'autre jour en lisant un article qui n'a finalement qu'un rapport ténu avec le bordel. Le propos de l'auteur, une fois ôté le vernis larmoyant et indigeste, est finalement assez intuitif : En période de manque sexuel, on peut se faire un fix de porno. Mais quand arrive l'absence d'amour, il n'y a pas de palliatif.

Voyez-vous où je veux en venir ? Dans la communauté des PUA, si l'accent est mis sur la possibilité d'une île de fclosec le plus rapidement/facilement possible, ce qui a trait à l'amour est bien souvent mis de côté. Comme c'est aujourd'hui la St Valentin, je me dis que c'est une bonne occasion pour exposer les rouages qui font naître la relation amoureuse. Et en plus ça me donne l'occasion d'utiliser une de mes photos dans un billet.

Tout d'abord, si le coup de foudre et le love at first sight sont possibles, ils ne sont pas ce qu'il y a de plus courant : l'amour est en général quelque chose qui se construit.

Le premier point que je souhaite aborder, c'est qu'on décide — le plus souvent inconsciemment — que l'on veut tomber amoureux. On rencontre quelqu'un, le courant passe, et la machinerie se met en branle, on se dit dans un premier temps que l'on pourrait tomber amoureux, et cette possibilité se transformera éventuellement en sentiment amoureux, en fonction des signaux que l'on reçoit de l'autre. C'est pour cette raison, d'ailleurs, que j'apprécie bien plus la séduction lorsqu'elle mène à autre chose qu'un plan cul. Lorsque l'on séduit dans une optique de relation amoureuse, on a conscience d'un avenir dans lequel l'inconnue devant nous sera notre complice, et pour peu que la situation soit symétrique et que l'autre éprouve la même chose, on est dans une configuration absolument délicieuse : chacun envisage cette proximité à venir, se doute que l'autre en fait de même, et pourtant se bride parce qu'officiellement celle ci n'est encore qu'hypothétique. C'est le jeu des non dits et des sous entendus.

Un autre aspect très intéressant de la naissance d'une relation est la création de points d'ancrage. Observez les couples autour de vous, tous ont leur chanson ou leur restaurant, etc. Lorsque l'on commence à construire ce qui sera éventuellement une relation, on est en présence de l'autre qui malgré l'envie qu'on a de partager quelque chose avec est encore étranger à notre propre quotidien. Pour pallier à ça, on partage des informations sur soi. Celles ci sont de deux ordre :

  • Quotidienne : « je me suis pris la tête à la banque hier, parce que [...] », « mon patron m'a demandé de [...] aujourd'hui », etc.
  • Générale : « dans la vie je suis notaire », « j'adore le hip-hop », « je joue du banjo en gobant des flamby », etc.

Chacune de ces deux catégories a un rôle bien défini. Le fait de partager sa vie quotidienne avec l'autre est un moyen de petit à petit mélanger les deux quotidiens, arrêter d'avoir chacun sa vie et commencer à secrètement avoir une vie à deux : Tu sais ce que je vis, donc tu fais partie de ma vie. En plus de ça, savoir que l'autre a une visite de routine chez l'ophtalmo mardi prochain permet de lui demander le mercredi « Au fait, comment s'est passé ton rendez vous chez l'ophtalmo ? ». Soyons honnête, ce n'est pas une question qu'on poserait à quelqu'un, sauf si celui ci est un ami très proche, et encore. Mais dans ce contexte, poser une telle question montre que l'on est attentif à ce que l'autre vitd.

La seconde catégorie elle, a un rôle double. Je passe sur celui qui consiste à permettre de se faire une idée vague sur l'autre, c'est trop évident et l'autre est beaucoup plus intéressant. Comme je le disais plus haut, quand on rencontre l'autre, on ne sait rien sur elle, mais on se doute qu'on est pas complètement identiques. Elle nous plaît, et au fur et à mesure qu'on la découvre, on découvre aussi qu'elle a des centres d'intérêt avec lesquels on est pas forcément familier. Alors on se renseigne, on en adopte certain et on oublies les autres. La relation en elle même n'est pas la somme des deux personnes, c'est un patchwork de morceaux pris chez l'un et l'autre. On a tous vécu ça, on la rencontre et subitement on aime l'art Slave, on se découvre une passion pour les auteurs anglais du XIXème et on commence à aller déjeuner régulièrement dans un restaurant dont on avait jamais entendu parler mais qui devient petit à petit notre restaurant.

Ce qui m'amène finalement aux fameux points d'ancrage dont je parlais. La relation n'existe pas encore et les deux individus commencent à peine à partager quelque chose, il faut donc consolider tout ça, et le meilleur moyen pour ce faire, c'est de se programmer à la sauce Pavlov. Il a des exemples à la pelle : l'un va relever un tic de l'autre et lui signaler en lui disant combien c'est mignon, les deux vont avoir un délire ou un mot clé qui revient de manière récurrente : « ça sent le pingouin »e, partager une chanson qui va subitement devenir la leur, etc.

Concrètement, de telles balises permettent aux deux d'avoir un quelque chose à nous, même s'il est relativement futile, il prouve tacitement qu'un tel nous est possible. Ensuite, il conditionne : quand telle musique passe à la radio elle pense à moi. Et de fil en aiguille ces ancres vont être un ciment pour la future relation.

Je me doute qu'une certaine personne lira tout ceci et se dira qu'elle a peut être quelque chose à voir avec ce que je raconte. Comme j'ai déjà dû le dire, j'aime beaucoup les méta-conversations, à savoir ramener dans le domaine du dit l'ensemble des non-dits, je trouve ça tout particulièrement excitantf.

  1. Arrêtons d'y voir quelque chose de néfaste []
  2. Après tout, chacun est libre de faire ce qu'il veut, et je ne me suis jamais privé d'en faire autant, bien au contraire []
  3. fuck close, troncher []
  4. parce qu'on se souvient d'un truc sans intérêt qui la concerne []
  5. Toute ressemblance avec des événements réels est purement fortuite, vraiment. Plus nase, tu meurs. []
  6. Et là je fais quoi, de la méta-méta-conversation ? []

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2 comments

Joli article de circonstance, Dexter ;)
J'adore combien parfois tu peux sembler alexythimique et cartésien !

[...] je le disais dans mon précédent billet, je suis passionné par la psychologie appliquée et la manipulation en générale. Dans ce cadre, [...]