Poèmes
Passion
Du bout des lèvres je voudrais dessiner
Le contour de ces mots refusant d’être dits
Les chuchoter dans ta bouche, les sussurer.
Graver sur ta peau mes fantasmes interdits.
Lacèrer ton visage pour mieux l’adorer
Sentir sur ta nuque le parfum de l’envie,
L’entendre tout le long de ton dos remonter
Et pouvoir dans mes bras le cueillir chaque nuit.
M’arracher les yeux pour te montrer ta beauté
Et de mon sang signer l’amour que je t’écris.
T’offrir une rose et te voler un baiser
Pour me réfugier, honteux, dans ton paradis.
L’amour est une fillette aux lèvres cousues
Et qui pleure et qui souffre tapie toute nue.
Brûle Petite Bulle
Brûle petite bulle l’automne arrive
Fanant une douce tulipe abandonnée par le jour
Ecaillant sans penser à ce que sera
Demain…
Brûle petite bulle de savon voletant
Sous un ciel symphonique et tonitruant
Hier la buée, aujourd’hui la lune, et
Demain?
Brûle petite bulle, pétillante entre mes doigts
Une caresse le long du dos, envol frissonnant
Vers des arbres où pousseront tes larmes
Demain…
Brûle petite bulle et consume mes forces,
Emmene moi là où les anges s’endorment
Car l’hiver est là et la mort chantera
Demain…
Adieu a la mer
Là haut perché sur la dunette,
Le marin avec sa lunette,
Observe le feu des étoiles,
Etincelantes, sur la toile
Tendue, infinie de la voûte
Traçant au navire sa route.
Devant cette incommensurable
Etendue, d’un mystère incapable,
Le capitaine ce devin,
Dans les astres voit son destin,
Au cœur des cieux noirs son futur,
Ne dépend que de sa voilure.
Toujours à son âme attachée,
Son navire est son destrier
Et le mat tendu est son glaive,
Gladiateur marin qui enlève
Pille, détrousse, tue et vole
D’affables marchands qui s’affolent,
Et brandissant son cimeterre
L’ancien apprenti, le corsaire
Aborde toujours le premier.
De toutes les nations redouté,
Il sillonne les océans,
De nouvelles proies se gavant…
Sa mort est telle que sa vie,
Redouté de tous, sans amis,
Retiré seul sur son navire
Et sentant son âme partir,
Son corps déjà flétrit par l’age,
Il lance un dernier abordage…
Si quand les yeux se ferment
Si quand les yeux se ferment
Un sourire apparaît,
Sans l’effaroucher l’observer.
Il se tortille, se joue des autres,
Mais reste doux, c’est un sourire après tout.
Ensuite imaginer un visage,
Curieux de tout, un menton, deux joue,
Un petit nez et deux yeux pétillants de malice.
Ajouter les cheveux, flottant dans le vent
Ou s’écoulant en une nappe souple
Selon l’humeur du moment.
Sculpter par la pensée un corps
Harmonieux, svelte, gracieux.
Déposer du bout des lèvres un pétale de joie
Et profiter une première fois de la création.
Enfin, embrasser pour insuffler la vie
Et rouvrir les yeux, pour l’oublier.
Mesdemoiselles
La haut par dessus l’océan
Rime avec la pluie noble vent
De la montagne rayonnant
Et étincelant tout d’argent
Mots perdus sur un parchemin
Venant et passe son chemin
L’imaginaire est leur larcin
Voleurs au sourire d’airain
Dominants troncs hantent la nuit
Sous couvert de glauques harpies
Garces et douces ébahis
Tant que je vous salue Marie
Vous rampez vierges effrontées
Et vous pucelles déflorées
Qui se camouflent pour baiser
Aux pieds du diable prosternées
On vous veut en demeure assise
Un ave, deux pater, Eglise
Pour faner jeunes indécises
Suivez des yeux la dame grise
Brisez les barreaux de l’horreur
Qui en votre vous intérieur
Enferme alors tous vos malheurs
Adieu les haines et les pleurs.
Unnuut
Quarante deux présents à ses pieds déposés,
Douce offrande d’un espoir soupirant
Et révant sur ses lèvres de glisser un baiser
Priant un jour d’enfin être son amant.
Dix-neuf roses vers son coeur envolées,
Nostalgie d’un moment qui fut trop court
Mais qui encore et encore se laisse savourer.
Serait-ce ceci que l’on appelle l’amour?
Neuf rèves qui ne cessent de me hanter,
L’un rouge de passion, un autre noir de douleur,
Un autre encore, incolore, immobile et éthéré,
Et tous les autres dont les sens sont les couleurs
Une promesse, de ne jamais la meurtrir
Qu’aujourd’hui timidement j’ose avouer,
Car c’est contre moi que je désire la sentir,
Petite fée sur mon chemin malmenée.
Treize sourires, comme treizes apôtres,
Un seul aura suffit a tous les trahir,
Amenera-t’il un baiser, comme avant lui un autre
Le contraire serait trente deniers lui offrir.
Princesse, maintenant je m’offre à toi
Car c’est bien a toi que je m’adresse
Il ne te reste maintenant qu’un choix…
T’en aller, ou te laisser porter par la liesse
Un sentiment étrange. Un regard. Une pensée..
Un sentiment étrange. Un regard. Une pensée…
Fugace mais persistante elle hante mon âme.
Peu de temps, trop peu, et trop de choses a dire,
Un cadre malhabile, des paroles malaisées,
Un jour en souriant elle se reconnaitra,
Prière à un dieu impotent qui n’accorde rien.
Panthéon ruiné, maladive esperance.
Un sentiment étrange. Un regard. Une pensée…
Le souvenir de sa peau contre la mienne,
Une aura de chaleur enflamme les sens
La raison ramène à la morne réalité.
Pourtant le parfum du sourire reste
Quelque chose est passé, elle est en moi
Prions pour qu’elle y reste a jamais.
Un sentiment étrange. Un regard. Une pensée…
Le temps ne s’écoule plus dans mon coeur
Sans savoir quoi penser, espérance…
Vouloir fermer les yeux pour la voir,
Vouloir tout lui dire sans le pouvoir,
Et ne la posseder qu’en rêve,
Et courir sans jamais y parvenir,
Un sentiment étrange. Un regard. Une pensée…
Prions pour qu’elle se reconnaisse…
Au jour où tu liras ces mots
Au jour où tu liras ces mots,
déjà je ne serais plus.
Le froid vent de la mort
aura atteint mon cœur, sombre,
et par delà les plus hautes cimes
des plus hautes montagnes
emportera mon âme perdue.
Au jour où tu liras ces mots,
enfin j’aurais la connaissance
d’un royaume inconnu,
cet hypothétique rêve,
souhaité par nos pères.
Au jour où tu liras ces mots,
un aigle grand dans son nid envolé,
de ses ailes de nuit,
couvera les oeufs de la vie
qui soutiennent chaque jours
la vie qui se débat
car son heure est venue
et sa fin se rapproche.
Au jour où tu liras ces mots,
l’ombre noire s’étendra,
sur l’immensité désespérée,
et dans la magnificence
tu partiras au combat,
car le commencement est proche
Alors tu liras ces mots,
et je ne serais plus.
Sombre révérence rouge
Sombre révérence rouge en mémoire d’un passé
Qui s’enlise dans les méandres de l’oubli.
Amere deception d’une promesse non tenue
Effritée par l’inéxorable action des années
Sombre souvenir rouge d’amour d’un subtil parfum
Qui s’estompe en volutes dans l’eternité disparue
Souvenir de deux corps amoureusement enlacés
A jamais unis sous la bannière de l’affection
Sombre baiser rouge à une passion attachée
Dans les cieux brillants sans étoiles de la nuit.
Acidité rongeante d’un feu non entretenu
Expirant un râle acre et perdu de fumée
Sombres pleurs rouges coulant sur sa peau douce
Brillants de milles étincelles d’avidité langoureuse.
Futile interrogation née d’une erreur malheureusement
De celui qui ne peut s’en prendre qu’à lui même
Sombre désir rouge du départ d’une douleur sans fin
Au plus profond de mon ame qui espère l’inconnu.
Lassitude envahissante d’un mal être appeuré
Qui souffre sans répit d’un abîme de deception
Sombre envie rouge des sens enivrés qui s’émoussent
Sous les assauts effrénés d’une fuite merveilleuse.
Esprit errant qui desepere de trouver le temps
D’une dernière fois pourvoir lui dire je t’aime.
Pardonne moi mon frère
Pardonne moi mon frère car j’ai menti
Pour notre amitié et pour ton bonheur.
Mais je peux enfin parler aujourd’hui,
Dans une rose je t’offre mes pleurs.
Alors qu’au plus profond de la noirceur
De l’ame, vainement me torturais,
Coulant mes larmes dans un masque sombre
Pour cacher la douleur qui m’étreignait.
Et j’ai attendu au milieu des ombres…
ET pendant ce temps tu me poignardais
Sans même que je ne m’en doute, traitre,
Badinant, le coeur léger tu jouais
Et moi qui croupissais dans mon mal être.
Quand enfin tu m’accordas un regard
Apprenant la nouvelle je compris,
Ne rien faire, il était deja trop tard.
Pardonne moi mon frère car j’ai menti
Sur l’autel de ta joie, de ton plaisir,
Git sacrifié lui qui te croyait frère.
Pour l’amitié refusant de trahir
Et pour toi seul s’effacant sans rien faire.
Triste ironie, être percé par l’arme
De l’amitié portée à ce bourreau,
Dont on aurait haï jusqu’aux larmes.
Le coeur disparait et passent les maux…
Prière au Monde
Dis moi ce que vaut un sourire
Lorsque le mensonge l’entache
Et que rien de plus qu’un soupir
Seul, de mes lèvres ne s’arrache?
Ami, décris moi la passion
Car mon coeur est de bois brûlé
Sec, privé de toute pulsion
Et car mes rêves sont mort-nés
Dis moi comment jouir de la vie
Et guérir le mal de mon âme
Quand, n’ayant envie que d’envie
Je sens en moi mourir la flamme.
A trop expliquer le plaisir
Là où j’aurais du le faire mien
J’ai perdu le don de sentir
Ce qui fait de la vie un bien
Ami je ne perds pas espoir
Même si mes peurs se réveillent
Que je peins le monde de noir
Et que ma volonté faseille
Un jour je connaîtrai la joie
Allégresse jamais amère.
Ces mots qui ne sont rien pour moi
Alors que je couche ces vers.
Le sentiment m’est inconnu,
Je ne connais nulle tristesse
Et mon coeur reste seul et nu
Dans les peines et dans la liesse.
Mon indifférence me pèse
Et moqueuse me rappelle
Qu’il n’existe rien qui me plaise
Et rien qui m’emplisse de fiel.
J’ai cru ma froideur une force
Mais il me faut me résigner
Car alors que ma vie s’amorce
Ainsi je ne peux continuer
Il m’est ardu de me changer
Car mon combat est solitaire
Et je ne peux que supplier
Qu’on me révèle comment faire.
Poésie
Ô amour douloureux qui perce mon doux coeur
Me torture et me hante… Dites, vous auriez l’heure?
Car je suis en train d’écrire une poésie
Et qu’à cinq heure je dois être loin d’ici.
Ridicule de voir comment je perds mon temps
Lorsque une petite bière blonde m’attend
A la terrasse d’un bistrot bien fréquenté.
Mais non je suis ici, en train de vous gaver
Avec un texte qui n’a de la poésie
Que la forme car il ne donne pas envie
De voler dans le ciel la nuit, et caetera.
Oui, de nos jours, poète c’est n’importe quoi….
Pour faire un sonnet, il manque encore deux vers
Alors je vous les offre, juste pour vous plaire…
De Sang et de Miel
Comme les choses se parlent
Et comme les gens se lient
A la rose s’est attachée le glaive
Devant les anges réunis.
Lui, tranchant dans sa danse gracieuse
Les chaînes d’une douleur honnie,
Défendant ses proches comme lui même.
Et elle, irradiant son essence éthérée
Offrant rires et pensée de ses pétales,
et vengeant, aveugle, de ses épines.
Le glaive a épousé la rose
Mais leur noce est vouée à l’échec.
La rose a pourri le glaive
Jadis vaillant, maintenant sans âme
Et le glaive a tué la rose,
Alors divine, aujourd’hui fanée.
Et sur leur tombe pleurent les anges
Qui n’ont su empêcher l’amour
De corrompre leurs coeurs…
Attente
J’ai été poing de justice et j’ai condamné
J’ai été poète amoureux et j’ai chéri
J’ai été spectre diaphane et vous ai hanté
Et j’ai été victime qui sans fin expie
J’ai traversé tant de vies et me suis perdu
Dans les limbes de l’existence sans comprendre
Quand je me relevais je n’étais qu’abattu
Mâchant et remâchant des sentiments les cendres
Et combien d’Histoires et combien d’existences
Devrais-je survoler pour voir cette lueur
Secrète, qui ronge et bannit toute souffrance,
Créant l’amour sur les ruines de la douleur.
Je ne suis que roc dans l’océan déchaîné
Et qui espère sa perle ô combien rêvée.
Sous l’égide de l’Aînée
Année après année, gardienne dérangée
Rare égérie, règne sur les grandes arènes
de l’amour inconnu. Oh neiges érigées
édifiez une ère, où ma mie sera reine.
Age aride où la vie, virulente, bouillonne
Les affres de l’enfer, mon âme violée,
Muse tu grandiras et sera ma Madone
Ni moi ni personne ne pourra te renier…
Toi que j’ai trop aimée, égrènes ta sentence,
Froidement tu la tiens et pour moi est absente
Cette gène chez toi rend frigide sa danse
De ma vie je ne veux, à la mort me présente
Tu m’enlevas mon coeur, accorde moi la mort
Son repos je désire, viens à moi, Ô ma mort…
De Loin en Loin
Il susurrait ses mots, salaces mais sevrés,
Comme si un souffle ardent, sur une peau sans age
Tissait fin de ses doigts des cheveux émaciés
En des tresses de sens, sans un son sur la page.
Ses griffes acérées calligraphiaient l’envie
En des arabesques brutes mais silencieuses,
Des tremolos lascifs offerts sans préavis
Au bordel intime et suave de la rêveuse.
Et quand par la main, sulfureux, il la traînait,
Au coeur perdu de ses délices éloignés,
Elle voguait l’encens et seule gémissait,
Sur les accords fantasque de sa mélopée.
Virevoltaient au vent ses regards larmoyants
Lorsqu’elle agonisait, en milliers de rubans…