De la naissance de la Griffe
On raconte qu’avant la disparition des elfes, ceux ci vivaient dans un faste qui restera à jamais inégalé. Les dorures, les pierreries et les broderies ornaient jusqu’à la plus petite pièce des luxueux chateaux. De nos jours, beaucoup pensent à cette époque comme à une ère bénie où la souffrance n’éxistait pas. Ce que l’on oublie souvent c’est que nos ancètres, les hommes et femmes de l’époque, ne jouissaient pas de ce luxe. En effet, en ces temps reculés, les hommes vivaient dans un état presque sauvage, se réfugiant dans de profondes forêts, entourés par bêtes et démons qui faisaient de leurs vies une quête perpétuelle de survie.
[…]
C’est dans ces circonstances que naquît Leyna. Sa naissance, en plein cœur des rigueurs de l’hiver, eut lieu dans le deuil, cas sa venue au monde entraina la mort de sa mère. Son père, Krelk, dut faire face à la même époque à une grave pénurie de nourriture. En effet, les humains ne vivaient alors que de chasse et de cueillette, activités impraticables en hiver. Malheureusement, les réserves de la tribu venaient d’essuyer les assauts d’une meute de loups qui n’avaient rien laissé derrière eux. Krelk décida alors de mener une entreprise qui n’avait, jusqu’alors, jamais été tentée.
Un matin, il réunit un petit groupe d’hommes, et se mit en route vers la ville elfe la plus proche, traversant les forêts touffues et dangereuses. A leur arrivée, deux des leurs avaient succombés au dur périple, mais c’était le prix à payer pour que la tribu survive un hiver de plus.
Ils repérèrent un dépôt elfe, et à la nuit tombée, ils donnèrent l’assaut. Ce fut un massacre, les armures souillées de sang des elfes se mélaient aux modestes vestes de bure des hommes, mais ces deniers, mus par le désir de sauver leurs vies et celles des leurs, reprirent le dessus et s’échappèrent, leurs sacs remplis de victuailles. Leur retour fut salué avec entrain et les expéditions devinrent monnais courante. Mais l’attaque des loups avait marqué les esprits et il fut décidé qu’un homme devrait en permanence monter la garde devant le dépôt, d’autant plus que les autres tribus, envieuses, cherchaient à s’approprier un peu du butin.
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Un jour que Leyna avait douze ans, son père vint la chercher alors qu’elle était avec les autres femmes de la tribu, et, sans prononcer le moindre mot, la conduisît dans la forêt. Pendant tout le trajet il paraissait pensif, voire contrarié, mais Leyna n’en voyait pas les raisons. Ils arrivèrent dans une petite clairière, et Krelk, toujours silencieux, sortit sa dague de son fourreau. Il poussa violemment sa fille à terre, s’accroupit, et lui plaqua la dague qui tremblait dans sa main le long du cou de l’enfant. Surprise, Leyna n’eut pas de réaction immédiate, mais, reprenant ses esprits, elle attrapa le coutelas caché dans les pans de sa jupe, et, les larmes aux yeux devant l’ignoble acte qu’elle comptait accomplir, tenta de poignarder son père pour se protéger. Krelk esquiva l’attaque, et, lui attrapant le bras, arracha la lame de ses mains. Puis il la regarda, visiblement soulagé, souriant, et murmura d’une voix douce « Leyna, tu es digne d’un jour gouverner cette tribu. Tu n’as pas hésité à te défendre, malgré la douleur que j’ai vu dans te yeux et que j’ai sentie dans ton cœur. Un jour tu conduiras la tribu de Graig Naeg sous de meilleurs cieux… ».
Puis il se retourna, laissant derrière lui sa fille sanglottante encore sous le choc.
[…]
Années après années, expéditions après expéditions, la vie suivit son cours au camp, où s’était réfugiés tellement de membres des tribus des alentours que la tribu nouvellement créée ne portait plus de nom. Mais si l’ancienne tribu de Graig Naeg avait perdu son nom, elle n’avait pas perdu son chef, Krelk, bien que vieillissant, restait tout puissant, même si Leyna prenait une importance grandissante, l’accompagnant et le conseillant souvent.
[…]
Un soir où Krelk devait monter la garde au dépôt, Leyna le suivit et décida de veiller avec lui. La nuit s’annonçait calme en apparence, une brise fraiche s’engouffrait dans les cheveux bruns de Leyna et faisait tressauter le petit feu qui leur tenait chaud. Mais le calme fu court, car un long hurlement se fit entendre, un loup surement. Krelk se précipita sur ses armes et attendit. Mais le loup n’attaquea pas… Krelk patienta encore, mais la fatigue le gagna, il était resté aux aguets trop longtemps pour tenir eveillé. Il s’allongea à coté de sa fille qui s’était elle aussi endormie.
Ce fut pendant leur sommeil qu’il arriva . Son poil gris brillait de lueurs d’argent, les oreilles frémissantes il attendit, semblant écouter le vent, puis d’un pas décidé il se dirigea vers la jeune femme endormie. Il blottit son museau dans son cou et la renifla, mais se retracta en poussant un léger gémissement. D’un pas léger il alla vers Krelk. Décidé, il bondit, lui plantant ses cros acérés dans la gorge. Poussant un cri déchirant, le chef tenta de se débattre, mais en vain, la machoire vive du loup refusait de lacher prise.
Révéillé par les hurlements de douleur de son père, la jeune Leyna se jeta sur l’animal sans même réfléchir, s’aggrippant à son pelage d’argent, arrachant les poils par touffes et finit par lui faire lacher prise. Le loup, furieux, la fixait de ses yeux jaunes.
Tentant de se remémorer les conseils de son père, la jeune femme paraissait parfaitement sereine. Elle tourna autour de l’animal, attendant qu’il bondisse. Le loup exhalait une haleine putride, la langue pendante, attendant que son adversaire fasse une erreur. Leyna feinta, il bondit sur elle croyant avoir une ooportunité, mais lorsqu’elle allongea son bras droit en s’écartant brusquement, il sut qu’il n’avait aucune chance. L’air commençait à lui manquer alors que la jeune femme resserait sa main, ecrasant la trachée de l’animal. Mais il se débattit jusqu’au dernier instant et dans un râme de souffrance il lui infligea une dernière blessure en la griffant au visage. Quatre longs sillons rouges la marqueraient à jamais.
Une fois la bète morte, l’ivresse et l’inconscience du combat la quittèrent et voyant son père mourir dans son propre sang, elle se mit a sanglotter. Elle s’approcha de lui, ouvrit la bouche mais il lui intima le silence « Tues moi ma fille, murmure-t-il d’une voix étranglée, et veilles sur la tribu… Tu en es capable maintenant. Les hommes te suivront. ». Alors elle fit ce qu’elle devait faire. Prenant la dague que son père avait si fièrement portée pendant toutes ces années, elle la lui planta droit dans le cœur, entre les côtes. Sanglottante elle reprit la garde, seule à coté du cadavre de son père.
Lorsque le lendemain Dekr, celui qui devait prendre le tour de garde suivant, arriva, il fut attéré par le spectacle qu’il vit. La jeune femme sanguinolante s’était endormie sur le corps à peine froid de son père, à quelques quelques pas d’eux un loup mort servait de repas à un groupe de corbeaux. Il se précipita vers Leyna, et sans hésiter la ramena au camp.
[…]
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle était dans une pièce qui lui semblait étrange. A n’en pas douter, elle était chez l’homme médecine, en étaient la preuve les mutiples flacons entreposés sur le meuble bancal à ses pieds. Ecorce de Saul, Hamamélis, Poudre de fougère et tant d’autres plantes auxquelles on prétait des vertus médicinales. Elle se redressa péniblement, et vit que Dekr s’était endormi à son chevet. Esquissant un sourire entaché de douleur elle le réveilla et l’interrogea.
« Depuis quand suis-je ici ?
-Depuis quatre nuits ma belle, je t’ai trouvée en train de dormir sur le corps de ton père, que le grand Riuhl le protège, et tu n’étais pas très belle à voir, lui répondit-il en essayant de masquer un moue qui fit frémir la jeune femme, d’ailleurs j’ai bien peur que cette marque ne te quitte pas ma pauvre… »
Elle passa doucement sa main le long de sa joue, effleura la longue griffure… Puis elle se tourna vers Dekr
« Et les autres ? Que disent-ils ?
- Pour tout te dire, certains espéraient que tu ne survivent pas à tes blessures, car ils savent que tu es en droit de prétendre à être notre chef.
- Et qui sont donc les fauteurs de troubles ?
- Otril, de l’ancienne tribu de Raneg Cunid s’est proclamé chef avec l’appui de trois clans. Les Thr’a et les H’kin discutent en ce moment même pour savoir qui sera celui qui tuera Otril pour prendre sa place, à part ça je crois que c’est tout.
- Ils ont osés… »
Leyna était furieuse, elle se leva, et passa rapidement sa robe fripée. Elle noua la ceinture de son père, à laquelle était attachée la dague de Krelk, symbole du pouvoir, autour de sa taille et sortit. Elle se dirigea droit vers la demeure d’Otril, entra sans un mot et se planta devant lui. Ce dernier était sans voix, il croyait voir une morte, mais Leyna était bien vivante. Après l’avoir traité d’usurpateur et de traitre elle brandit brandit la dague et lui attrapant le bras lui grava quatre sillons parallèles.
« Tu porteras ma marque jusqu’à ce que le grand Riuhl te rappelle, murmura-t-elle, et vous autres, dorénavant je serais à la tête de ce camp car je suis la fille de Krelk, et de part ma volonté ce camp sera appelé le camp de la Griffe, en souvenir de cette nuit où mon père, votre ancien chef, est mort. »
Puis elle se retira, n’accordant aucun regard à ceux qui le matin même conspiraient contre elle.
[…]
La vie reprit son cours et c’était maintenant Leyna qui prenait la tête des expéditions contre les Elfes. Généralement les vols de victuailles se déroulaient sans problème, un semblant d’accord tacite s’était établi entre les Elfes et les Humains, les premiers laissant les seconds les voler, et les seconds se contentant de ne pas prendre plus que nécessaire. Mais un jours Dekr, qui était devenu l’homme de main de Leyna, vint la prévenir qu’un coup jamais tenté était en préparation. Il avait mené son enquête discrètement et avait découvert qu’Otril, qui avec le temps n’avait jamais accepté d’avoir été mis à l’écart par une femme, projettait de lancer une nouvelle attaque contre les elfes, non pour leur voler de la nourriture, mais pour leur dérober des bijoux.
En effet, depuis l’avènement de Leyna la richesse de ce qui au départ était une petite tribu commençait à gagner de l’importance, d’une dizaine le nombre de membres de la Griffe était passé à plus de deux-cents, et il arrivait de plus en plus souvent que les plus jeunes, qui n’avaient pas connus l’époque où Krelk n’était pas encore chef, préfèrent se prélasser et s’adonner à de nouveaux plaisirs plutôt que de chasser ou travailler. Et dans ces circonstances, l’esthétique apparaissait peu à peu comme un moyen d’affirmer sa position sociale. Là où auparavant l’emplacement de la hutte et la teneur des repas indiquait qui était important sans équivoque, en cette période où la nourriture abondait, les plus importants et reconnus tendait à être ceux qui possédaient le plus de bijoux ; exception faite de Leyna qui elle refusait de porter sur elle un ornement autre que sa dague.
Leyna, suivie de près par son âme damnée, courut jusqu’à la hutte d’Otril, où elle n’avait pas mis les pieds depuis qu’elle l’avait marqué. Une fois arrivée, elle trouva Otrilonn le fils d’Otril((Il semblerait qu’à cette époque on désignait la filiation par le suffixe “onn”. Ainsi “Otrilonn” signifirait “Fils d’Otril” et “Krelkonn” signifierait “Fils de Krelk”, ce qui pourrait expliquer pourquoi le grand maitre de la Griffe moderne est appelé “Krelkonn”, surement car il est le fils spirituel de Krelk, père de la créatrice de la confrérie.)) qui lui annonça d’un air passablement indéifférent que son père était sorti pour une affaire importante et qu’il ne rentrerait surement pas avant plusieurs jours. La jeune femme ne le laissa même pas finir et quitta la hutte furieuse. Elle resta debout quelques minutes puis se tourna vers Dekr à qui elle murmura un ordre rapide, il aquiesca et se dirigea d’un pas vif vers le garde posté à la sortie du camp. Lorsqu’il revint il savait où était allé Otril et ses hommes, à Drahn Vuilaendil, une cité elfe à deux jours de marche du campement.
Leyna réunit une troupe d’hommes, parmi lesquels se trouvaient Dekr et ses deux frères Ernt et Raikn en qui elle avaient un confiance aveugle et qu’elle surnommait affectueusement ses Princes car ils avaient été auprès d’elle en toutes circonstances depuis la mort de son père, et se mit en marche à travers les bois. Elle était sûre de pouvoir rallier la ville en même temps qu’Otril et ses hommes car ceux ci n’avait que très peu participé aux précédentes expéditions et ne connaissait pas la forêt aussi bien que sa troupe.
Lorsqu’ils arrivèrent en vue de la ville, a la nuit tombée, elle fit installer un campement de fortune en haut des falaise qui entouraient la cité elfe et envoya ses traqueurs à la recherche des traitres. Pendant que ceux ci se mettait discrètement en quête d’informations, elle réunit les hommes restants.
« Je veux qu’une chose soit claire, dit-elle froidement, lorsque nous les retrouverons, voici ce que l’on fera. Tout d’abord tenter de les convaincre de rentrer en abandonnant leur projet insensé, je ne veux pas qu’on me traite de tyran car vous savez que je tiens à la liberté de chacun de mes hommes. Si nous n’y parvenons pas, je demande la mort de chacun d’entre eux.
- Tu ne crois pas que la mort est un chatîment lourd pour un simple vol ? demanda Ernt
- Non, ce n’est pas uniquement un simple vol… C’est une traitrise, car ils mettent la Griffe en danger par leur inconscience. Ou bien il rentreront, ou bien ils mourront. »
Elle tourna les talons et alla s’asseoir seule sur un rocher qui surplombait la ville, et, comme avant chaque attaques, elle saisit la lame qui jadis avait appartenu à son père. Pas d’espoirs, pas de regrets, Ici et maintenant. Elle murmurait ces paroles que son père lui avait tellement répétées. La tête lourde d’émotions elle ferma les yeux et le revit. Elle devait avoir huit ans quand il l’avait prise sur ses genoux et lui avait dit Ma petite perle, un jour tu seras femme et chef de tribu, mais n’oublie pas que notre monde est rude et que la mort peut survenir à tout moment. Elle eut un haut le cœur en y repensant, Riuhl lui avait pris son père sans prévenir… Et il sera un jour trop tard pour apprécier ce que tu aurais pu déguster. Cueille la vie, prend ton plaisir où tu le trouves, ca il peut t’échapper si facilement. Pas d’espoirs, pas de regrets, ici et maintenant ma fille. Elle le revoyait, souriant, lui passant la main dans les cheveux.
Elle fut tirée de sa rèverie par Dekr qui lui annonçait le retour des traqueurs. La tête ailleurs elle le suivit. Dès qu’elle vit ses hommes, elle se redressa, elle ne pouvait se permettre de sembler faible en présence de ceux qui la suivrait jusqu’à leur mort. Le premier traqueur, le plus agé, prit la parole.
« Ils vont passer à l’action dans très peu de temps, dit-il essouflé après une course folle, ils sont embusqués à coté de l’orfèvrerie de la ville, et celle ci commence à se vider. M’est avis qu’il vont attaquer le plus tôt possible, autrement dit maintenant.
- Malheureusement les gardes semblent ne pas les avoir vus, il va falloir qu’on s’en occupe nous même, ajouta le second. »
Leyna prit rapidement sa décision, elle allait intervenir. Vétue de sa cape noire elle prit la tête de la troupe et descendit dans le gouffre qui menait à Drahn Vuilaendil. Il se faufilèrent à travers les ruelles jusqu’au dépôt de l’orfèvrerie. Serrant sa dague elle murmura une dernière fois sa litanie Pas d’espoirs, pas de regrets, ici et maintenant et entra.
La pièce était grande, la lumière blafarde d’une torche éclairait les traitres et Leyna put sans mal les prendre par surprise. Elle se planta devant Otril et lui ordonna de la suivre. Ce dernier ce contenta d’un sourire niais, la regardant comme une enfant déraisonnable. Alors elle s’approcha de lui, d’une main lui tint attrapa le menton et de l’autre lui trancha la gorge d’un coup de dague sec et net. Otril à terre comme une loque. Ce que Leyna n’avait pas prévu était que les hommes du traitres resterait fidèles au cadavre sanglant qui était à ses pieds. Le massacre commença.
La garde elfe, alertée par le bruit, arriva bientôt sur les lieux, et le combat fit rage. Leyna tranchait et transperçait ses assaillants jusqu’à se qu’elle se retrouve désarmée, dos à un mur. Elle ordonna a ceux qui restaient de l’abandonner, mais aucun ne l’entendit, sauf Dekr qui se tourna vers elle, ce moment d’inattention lui fut fatal, il senti la lame d’une rapière elfe le transpercer, glisser sous ses côtes, perforer un poumon et ressortir de son dos. Leyna le vit tomber et hurla. Un hurlement tel que pendant un instant tous semblèrent se figer, mais le cliquetis de métal repris.
Le garde elfe qui tenait Leyna contre le mur s’approcha d’elle, jeta sa rapière à terre et sortit sa dague. D’un mouvement lent il plaça celle ci devant l’œil gauche de sa victime, son visage froid la scrutait. Leyna garda les yeux ouverts, elle semblait sereine face à la mort imminente. Subitement un bruit de vent la déconcentra, elle sentait une présence étrangère. L’elfe tressailli, le coup allait partir, elle vit la lame approcher, toucher son œil et entendit un hurlement. De son œil valide elle voyait l’elfe à terre, le bras arraché. A ses cotés se tenait une Elfe qui lui souriait, elle ne parlait pas mais Leyna la comprenait. Elle était Naolya, fille de Lothar, élevée dans l’amour de la justice. Elle lui expliqua qu’elle seule la voyait, car elle avait choisit de ne se montrer qu’à elle et lui révela qu’elle protégeait la Griffe depuis un certain temps, car pour elle ce n’était que justice que de voler pour assurer sa survie. Elle s’était décidée à intervenir dans ce combat car elle admirait le courage et l’integrité de la jeune qui préférait affronter les siens plutôt que de voler sans raison.
Elle lui dit de retourner au combat, qu’elle guiderait sa main et lui donnerait la victoire. Leyna, abasourdi mais encore lucide ramassa sa dague et courut au combat. Elle souffrait le martyre, son œil gauche était crevé et elle éatit couverte de blessures, mais Naolya guida son arme et lui donna la victoire. Il ne restait plus que Leyna, Ernt et Raikn debout, tous leurs compagnons étaient morts. Ces deux derniers n’avaient pas vu la déesse, mais lorsque Leyna leur raconta, ils la crurent sur parole, comment une femme avec autant de blessures aurait pu se battre avec une telle ardeur sans aide divine.
Ainsi Leyna rentra au camp, soutenue par ses deux Princes, où elle raconta le combat. En très peu de temps la Griffe toute entière se plaça sous la protection de la déesse, et celle qui accorda à Leyna une longévité extraordinaire et la jeunesse pour sa vie entière.
Extrait des Mémoires de la Très Haute Griffe de Naolya
Par Azreth Dalvar
Trentième Krelkonn